La SCA confirme le rôle critique des infrastructures en général, des infrastructures de transport en particulier, qui appelle un engagement total au niveau des instances d’intégration africaine et au niveau national. Le manque de mobilité, notamment à Dakar, est, de façon consensuelle, considéré comme une contrainte majeure au développement des affaires.
Les infrastructures clé transversales que sont les transports, l’énergie et les télécommunications affectent toutes les activités économiques et sont dominés par des entreprises d’utilité publique (le transport dans une moindre mesure). Le rôle des structures de régulation dans l’amélioration de l’accès à ces services et de leur qualité est à assurer avec autonomie et professionnalisme.
La stratégie de libéralisation progressive suivie dans ces secteurs doit se traduire par l’intensification de la concurrence, une plus grande efficacité et des coûts plus faibles. Des projets sont en cours de réalisation dans ces secteurs pour l’élargissement de l’accès et le relèvement de la qualité des services.
Objectifs ciblés et actions à mettre en œuvre
Pour un pays dont l’avantage comparatif est lié à la position géographique, la logistique fait partie intégrante de cet avantage comparatif. Une logistique performante participe à la réduction du coût des transactions et à l’amélioration de l’efficacité des flux commerciaux.
Pour les produits horticoles, halieutiques et textiles, notamment, les entreprises sénégalaises doivent tenir compte des contraintes de délais, de fiabilité et de qualité. Dans le secteur du textile-habillement où les donneurs d’ordre évoluent vers le « juste-à -temps », les coûts logistiques totaux peuvent représenter jusqu’à deux tiers du coût du travail.
L’ouverture de corridors de commerce vers la Mauritanie et le Maroc au Nord, vers le Mali et les marchés du Burkina Faso et du Nigéria à l’Est et vers la Gambie, la région naturelle de la Casamance et les deux Guinée au Sud, contribuera également à faire du Sénégal une plaque tournante des échanges avec l’Afrique de l’Ouest. L’aménagement de marchés transfrontaliers sous forme de points - carrefours (gateways) et des entrepôts du Sénégal au Mali s’intègre avec harmonie dans ce schéma.
Toutefois, le développement de corridors de commerce vers le Nord, l’Est et le Sud, reste subordonné à l’amélioration continue de la compétitivité du Port autonome de Dakar, du désenclavement de la région naturelle de Casamance et au renforcement des infrastructures de stockage. En appui, une politique appropriée de libéralisation des transports aériens est nécessaire à intégrer dans un système fonctionnel de transport multimodal.
Sur la base des éléments qui précèdent, des actions sont prévues pour atteindre les trois objectifs suivants :
- l’amélioration de la mobilité et de la sécurité sur les routes ;
- la prise en compte de la SCA et des besoins des grappes de croissance dans les programmes nationaux et sous-régionaux d’infrastructures ;
- promotion d’un financement sain des investissements dans les infrastructures de transports et la logistique à l’exportation.
- veiller au développement progressif des activités et métiers liés aux besoins logistiques des grappes ;
- assurer un financement pérenne à la construction et à l’entretien des pistes rurales et à l’extension de l’accès à des infrastructures rurales de qualité ;
- développer les infrastructures et services de transports vers les établissements scolaires ou sanitaires et les bassins d’emplois ;
- lever les contraintes sur le fret maritime ou aérien qui pèsent sur la compétitivité des grappes ;
- assurer les conditions nécessaires pour faire de Dakar le carrefour aérien de l’Afrique de l’Ouest ;
- simplifier les procédures administratives régissant la construction de routes tout en assurant la protection de l’environnement ;
- promouvoir le cabotage, notamment à Dakar et sur l’axe Dakar – Ziguinchor, en lui assurant un financement viable et les conditions de sécurité requises ;
- mettre en place des programmes de gestion de la demande de transport orientés vers l’amélioration de l’efficacité du système de transport.
Actions pour la promotion d’un financement sain des infrastructures de transport à long terme :
- définir et promouvoir des mécanismes de financement viable conformes aux besoins dans le temps telles les formes appropriées de partenariat public-privé; il s’agira en particulier de privilégier les mécanismes de marché qui contribuent à structurer la demande et à dégager des priorités dans les investissements à réaliser ;
- au niveau de chaque région, identifier les besoins des grappes pilotes et veiller à leur prise en compte dans les programmes, régionaux, nationaux ou sous-régionaux d’infrastructures.






